L’autre, et ceux dont il s’occupe…

Il m’est venu récemment l’idée, quand je regarde quelqu’un ou le rencontre, de penser non pas seulement à lui (/elle), mais à tout son environnement   : toutes celles et tous ceux dont il s’occupe, qu’il rencontre; qui constituent une partie de sa vie quotidienne. Tous ceux qui en quelque sorte font partie de lui.

Cela « donne de l’épaisseur » à la personne qu’on a en face de soi: ce n’est plus une « simple » personne que l’on a là, avec ses défauts éventuels, ses limites etc., mais c’est un « morceau de l’humanité ». C’est toute la richesse, la profondeur, la diversité des femmes et des hommes, que l’on peut voir en regardant cette personne et en lui parlant.

J’espère que certains lecteurs comprendront. Au fond, il s’agit d’aimer l’autre – avec tous ceux qu’il aime.

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Grande voile, petite voile

A Tigery, un participant donne une image: « C’est un bateau, dont la   voile est trop tendue pour prendre le vent; il faut détendre un peu la voile, pour qu’elle puisse gonfler ».

J’ai beaucoup aimé cette image, que j’ai prise un peu pour moi. Et j’ai essayé de laisser mon bateau aller sur l’eau, comme le vent le pousse: plaisir de courir sur la mer…

C’est vrai que la détente est importante spirituellement.

Et aujourd’hui je me suis vu, à nouveau à Tigery, comme un tout petit bateau, un bateau jouet en somme, au milieu des autres. Un tout petit au milieu des grands.
Une toute petite voile.

Un « saint » par jour

Le point de départ de ce que je vais raconter:
Il y a quelques semaines l’idée m’est venue, en allant à la messe de la mi-journée, d’imaginer qu’une certaine personne de ma famille était à côté de moi, à ma gauche pendant toute la messe (ma femme Catherine est à ma droite). Le « hasard » a fait que ce jour-là, pendant la messe, le vibreur de mon téléphone a signalé un appel insistant: je suis sorti, pour apprendre qu’une autre personne, proche de la précédente, avait eu un accident. Ce « détail » a-t-il déclenché ce qui suit?
En tout cas j’ai continué, les jours suivants, à imaginer qu’une personne – différente à chaque fois – était à côté de moi. Et j’en ai récolté des fruits: en imaginant que j’ai ce voisin (ou cette voisine) je me tiens mieux (!): plus silencieux, moins plongé dans mon carnet pour noter telle idée qui me vient pendant l’homélie.
Puis j’en ai fait une habitude, dès le matin: je choisis une personne, vivante ou décédée, dont j’imagine qu’elle va m’accompagner (et je n’y pense plus forcément ensuite). Cela me rend, dans certains cas, plus silencieux: au lieu de parler à tort et à travers, je me considère comme un des éléments d’un groupe, ne parlant qu’à mon tour.
Enfin, je ne sais pas si tout cela peut intéresser qui que ce soit.
Je sens dans cette nouvelle démarche comme l’équivalent – quand il s’agit d’un décédé – d’un ange gardien: pas du type habituel, mais vraiment un ami, à qui je parle et qui me glisse éventuellement des idées.
Le contenu du billet qui précède celui-ci, et qui parle de la confession, m’est venu alors que j’avais choisi comme accompagnateur du jour… le père Besnard – lisez l’article et vous comprendrez! Je ne pensais plus du tout à lui en rédigeant, et son conseil ne m’est revenu qu’après avoir presque terminé le billet.
J’ajoute un détail – qui ne parlera qu’aux convaincus: Quand je suis monté en voiture après avoir rédigé le billet, et ai regardé par hasard le kilométrage – ce que je fais rarement – j’ai lu 7676. Ce qui m’a parlé! Car en 1963 il s’est produit pour moi, à Saint Wandrille (76), un événement essentiel…

« Confession des tendances » (une redécouverte de la confession)

    Un petit historique que l’on peut sauter – l’important est plus loin.

    Il y a dix ou quinze ans, je me confessais régulièrement, à Saint Sulpice ou à Saint Louis d’Antin; à des prêtres que je ne connaissais pas. Et un jour, tandis que j’attendais et me préparais, j’ai constaté que je ne voyais plus – ou pas – le sens de ces confessions régulières: ma démarche spirituelle était entièrement tournée vers le Christ, et l’essentiel n’était pas « ce que je ne faisais pas », ou ce que je faisais mal. J’étais entre les mains de Dieu.
    Alors je me suis levé et j’ai quitté l’église, sans me confesser.
    Mais voilà qu’il y a quelque temps, j’ai recommencer à me confesser, et c’est ce que je vais expliquer.

Parmi les raisons pour lesquelles je n’allais pas me confesser, il y avait d’une part un certain désaccord de ma part avec la notion de péchés isolés (« j’ai fait ceci », « je n’ai pas fait cela »): notre vie est un tout, et c’est la démarche d’ensemble, l’amitié avec Dieu en somme, sur laquelle je me centrais; je ne voyais pas de choses à redresser. Par ailleurs se confesser à un prêtre que l’on connaît, avec qui on est amené à collaborer au sein de la paroisse, me posait problème: je ne me sentais pas à l’aise pour lui parler de ma vie personnelle.

Mais, arrivé à un certain âge, et avec la vision de l’au-delà qui est la mienne – au-delà où notamment on retrouvera en toute lumière ceux que l’on a connus, et où on sera éventuellement mal à l’aise face à eux !! – je peux par moments me tourner un peu plus vers certaines attitudes, intérieures ou extérieures, qui font certes partie de ma personnalité, mais qui ne sont pas optimum…
Par exemple telle personne, rencontrée il y a longtemps, et à qui je continue à en vouloir à l’occasion assez fort. Telle attitude extérieure qu’il m’arrive d’avoir, dans l’élan de l’action, et qui peut être contraire à l’amour, etc.

Quand j’avais 21 ans, le père Albert-Marie Besnard, qui était mon directeur spirituel, m’avait gentiment expliqué qu’il était normal à certaines périodes, quand on est engagé dans un chemin spirituel vers Dieu, de ne pas ressentir de péchés particuliers à confesser ou d’aspects de vie spirituelle à redresser . Mais qu’avec les années, on découvrirait parfois ensuite certaines tendances à corriger, certains péchés.

Voilà donc que je ressens le besoin de me dégager en quelque sorte un peu, avec l’aide de Dieu, de problèmes ou attitudes tels que ceux que j’ai évoqués plus haut, qui ne sont assurément pas « optimum(s) ». Pour entrer davantage dans l’amour.

J’ai la chance d’habiter non loin d’une communauté religieuse amie, et je peux donc y rencontrer un prêtre. Prêtre qui me connait un peu, bien sûr, mais avec qui je n’ai pas de relations de travail paroissial ou pastoral. Ce sont des tendances de ma personnalité que je déposerai devant Dieu en sa présence.
Je ne sais pas si ce sera régulier. Mais j’ai commencé.

PS: Il y a évidemment aussi des tas de péchés que « j’ai » et dont je n’ai pas conscience: blesser les gens; être jugé insupportable, etc. Le Seigneur m’aidera à changer.

Débuts du charismatisme catholique

On parle toujours de Duquesne comme le lieu (et la date) du début du charismatisme catholique. La réalité semble un peu plus compliquée:

Voir (en anglais) un long et intéressant texte sur les origines du mouvement charismatique catholique _avant Duquesne_ : notamment le rôle des Cursillos, curieusement si peu développés en France.

« Quelque temps après, j’ai commencé à entendre de drôles de bruits dans ma prière.. »

http://www.swordofthespirit.net/bulwark/february2017p9.htm

« Rire » face au diable ?

Hier à la messe, le prêtre parlait du diable, à partir de Genèse 3,15 (Elle t’écrasera la tête, et toi tu la blesseras au talon).
« Le diable pique, cela fait mal », disait le prêtre; « mais en fait nous le dominons, on peut même en rire »; et il racontait comment un groupe charismatique, s’étant fait voler sa camionnette, s’était aussitôt mis à rire, les bras levés, d’un grand « Ha ha! » rythmé qui leur était familier.

Deux séries de remarques, la première sur les attaques du diable, et la deuxième sur les attitudes de type « louange ».

Dire que les attaques du diable « font mal », je ne sais pas; ce n’est pas mon expérience. Pour moi c’est le maître du mensonge, et il crée aussi des contextes où notre psychologie est comme submergée. Personnellement je me raccroche  alors à mon chapelet et j’attends que l’attaque – les sentiments violents et inappropriés que je ressens, essentiellement – se calme.
Mais le diable, dans notre société, a aussi de nombreuses victimes qui sont complètement sous sa possession; et face à cela, un simple « ha ha » me semble  inapproprié – j’allais dire dérisoire. Aimer vraiment les gens qui souffrent ou ont souffert du  mal, les victimes dont la vie a été broyée par exemple par des parents incestueux, c’est une toute autre aventure. La lutte contre le démon est là aussi;  difficile, sans fin; dépassant parfois nos capacités, d’où  l’existence de prêtres spécialisés, exorcistes.

Parlons maintenant de la louange, et du rire.
J’ai écrit deux sortes de textes à ce sujet:
– d’une part un dossier  de fond sur la « Puissance de la louange » de Merlin Carothers, livre qui est à mon avis très mal compris en général (il ne s’agit pas du tout d’arriver avec une guitare, comme un participant à un groupe que j’animais voulait le faire: il s’agit d’entrer dans la foi, et de s’engager fermement à dire à Dieu qu’on lui fait confiance, même quand on est dans les pires ennuis). Il ne s’agit pas de se manipuler pour être gai, mais de se tourner vers Dieu, éventuellement dans les larmes, pour lui dire et redire « Merci Seigneur pour ce que tu permets dans ma vie; j’ai confiance que tu le feras tourner pour le mieux ».

– d’autre part un texte original, « Le rire de Clotilde« , que j’applique assez souvent (et à qui je viens de trouver une sorte de demi-frère…). Oui, rire, forcer le rire en soi, peut-être une bonne méthode pour changer son attitude. Je l’utilise avant de rencontrer quelqu’un; mais ce n’est pas une louange adressée à Dieu: c’est juste un moyen – très efficace – pour changer sa « météo intérieure ».

Le « ha ha » des amis charismatiques cités plus haut se situe pour moi dans cette dernière catégorie. Cela peut être une façon de se rappeler que l’on est entre les mains de Dieu. Après, et je suis sûr qu’ils le font, ces « charismatiques au ha-ha » passent évidemment à une prière de type groupe de prière: « Merci Seigneur, car j’ai confiance que ce sera pour le bien,.. » etc.

La différence que je fais avec la Puissance de la louange, c’est que cette dernière s’adresse notamment  à des gens qui ne sont pas encore charismatiques, et à qui tout un chemin est nécessaire pour passer « de la prison intérieure » à la louange.   🙂

Dieu parle à chacun dans sa langue

Voir billet en
https://bibliques.wordpress.com/2017/02/10/actes-26-lesprit-saint-vient-sur-les-presents/

Extrait
Cela explique aussi le fameux événement qui s’est produit aux origines du Pentecôtisme: une personne est entrée et a compris dans sa propre langue (étrangère – je ne me rappelle pas laquelle) ce que quelqu’un était en train de dire.
J’avais toujours pensé que la personne qui parlait (ou chantait) avait, sur une impulsion de l’Esprit, parlé précisément dans la langue de celui qui allait entrer.

Cela confirme aussi que c’est bien l’Esprit qui parle, et non pas nous !