Je ressens mes péchés – et Jacques 1

J’ai dit un mot, dans le billet Amant aimé  (sur un autre blog),  sur le fait que je perçois maintenant beaucoup plus finement mes péchés ou « presque péchés ». Je prends conscience de la composante éventuelle péché de nombreux gestes ou prises de parole: par exemple que c’est  en  partie par peur, ou pour montrer tel ou tel aspect de moi, ou par mépris de l’autre (dont je deviens conscient) que j’ébauche telle attitude, que je me prépare à dire telle phrase… Le percevoir est vraiment un changement.

Là dessus aujourd’hui à la messe, je fais la lecture de Jacques 1,12-18.
J’ai apprécié ce texte en étant amené à le lire à haute voix, donc à aller doucement (la « parole », mieux que l’écrit!). Quelle belle description de la pente, y compris vers le petit péché ordinaire:

« Chacun est tenté par sa propre convoitise qui l’entraîne et le séduit.  Puis la convoitise conçoit et enfante le péché, et le péché, arrivé à son terme, engendre la mort. » (1,14-15)

Il y a là une série d’étapes, commençant par une « ébauche de péché » de rien du tout, « séduisante » (ou rassurante, etc.). Et puis parfois cela dépasse la simple pensée, ou l’attitude autre que d’amour, pour devenir un vrai péché, un mal fait à l’autre (peut-être aussi à soi-même).  Et « le péché arrivé à son terme engendre la mort« .

La fin du même passage, sur un sujet un peu différent, n’est pas mal non plus:

« Les présents les meilleurs, les dons parfaits, proviennent tous d’en haut, ils descendent d’auprès du Père des lumières, lui qui n’est pas, comme les astres, sujet au mouvement périodique ni aux éclipses. » (1,17)

J’ai insisté dans ma lecture sur le mot « éclipse »: Dieu est toujours là; il n’est pas « à éclipses ».

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Cinq minutes

Dans le cadre des  « 7 semaines » évoquées dans le billet précédent, il nous a été distribué un texte du Cardinal Mercier, que l’on peut par exemple trouver ici.

Je n’avais pas forcément ce texte en tête, ni la prière qu’il propose, quand l’idée m’est venue – presque de façon contraire – de rester tout simplement cinq minutes immobile (assis sur mon meilleur siège) les yeux fermés et sans agir !

Etre simplement là, en sachant que Dieu, de son côté, est là de toute façon !

Etre: sans réciter de prière; sans « me tourner vers Dieu ».

Je l’ai pratiqué plusieurs fois dans la journée. C’est la découverte du niveau de base de ma personne; pas au niveau des pensées volontaires, des projets ou des actes.

Un silence dans lequel parfois une prière spontanée vient naître.

Peter Hocken – 7 semaines !

Laurent Fabre, dans son intéressante vidéo racontant les débuts du Chemin Neuf, insiste sur l’importance du livre de Peter Hocken, « Rassemblés par l’Esprit ». Du coup j’ai repris ce livre, écrit par un prêtre catholique, et j’ai été saisi, plus que par le passé, par son contenu: une nouvelle Pentecôte; un mouvement qui pousse ceux qui reçoivent cette nouvelle effusion de l’Esprit à vivre ensemble, au delà des barrières des églises. C’est bien ce que raconte Laurent Fabre sur son propre itinéraire, et c’est ce que le Chemin Neuf, entre autres, met en pratique.
Peter Hocken insiste: demandez cette effusion! Demandez à l’Esprit de venir en vous!

Alors j’ai demandé. Je me suis tourné vers le Seigneur et lui ai dit: « Oui, Seigneur, donne-moi cette effusion de l’Esprit! » C’était il y a quelques jours.

Hier soir, j’ai décidé de réessayer d’aller au groupe de prière proche de chez nous: j’avais déjà essayé, mais depuis plusieurs années je le trouvais insatisfaisant, par rapport à des groupes que j’avais connu occasionnellement ici ou là.

A la fin du groupe, une annonce: « Voilà, nous commençons aujourd’hui, pour ceux qui le souhaitent, les 7 semaines de préparation au baptême dans l’Esprit ». Je ne détaille pas ici tel ou tel aspect de mon évolution spirituelle de ces derniers mois, mais je n’ai pas hésité, face à ce rapprochement évident pour moi avec ma demande intérieure récente: j’ai levé la main. Et me voilà lancé dans cette aventure, cette formation, très légère en fait, avec un temps de prière personnelle et des textes bibliques à méditer.

Je me sens porté. En fait, je sais bien que l’Esprit me guide, et me parle à l’occasion depuis longtemps.
Ce matin je me suis réveillé en étant encore dans un rêve que je venais de vivre en dormant: des enfants chantaient, et montaient je ne sais quelle pente ou attraction foraine, avec ce chant très doux, me ramenant à mon enfance (?):
« Hou hou hou (..) Il sifflote, flotte, flotte, hou hou ! hou hou ! Il sifflo-ote, il sifflo-ote, du matin jusqu’au soir et du soir au matin… » (etc.)

Titre de la chanson, Le vent ! J’ai aussitôt associé, évidemment, avec l’Esprit Saint !
Loué sois-tu, Seigneur!

PS: Je viens d’aller relire un très vieux texte que j’ai écrit! Il me semble qu’en gros il reste valable.

« Priez pour moi »

J’ai le souvenir d’avoir parfois lu des récits de rencontre avec des personnes très saintes, genre Jean Vanier ou Mère Teresa, qui concluaient l’entretien en disant « Priez pour moi! ».
Et je découvre, dans ma réflexion sur une rencontre difficile que j’ai eue ces jours-ci avec un autre chrétien, que la perception que j’ai de lui peut changer si je pense à lui demander – intérieurement puisqu’il n’est plus face à moi – de prier pour moi.

S’il prie pour moi, et donc me fait du bien, comment ne l’aimerais-je pas? Il devient un frère. Il l’était déjà bien sûr; mais disons que désormais je le ressens vraiment comme un frère.

L’autre, et ceux dont il s’occupe…

Il m’est venu récemment l’idée, quand je regarde quelqu’un ou le rencontre, de penser non pas seulement à lui (/elle), mais à tout son environnement   : toutes celles et tous ceux dont il s’occupe, qu’il rencontre; qui constituent une partie de sa vie quotidienne. Tous ceux qui en quelque sorte font partie de lui.

Cela « donne de l’épaisseur » à la personne qu’on a en face de soi: ce n’est plus une « simple » personne que l’on a là, avec ses défauts éventuels, ses limites etc., mais c’est un « morceau de l’humanité ». C’est toute la richesse, la profondeur, la diversité des femmes et des hommes, que l’on peut voir en regardant cette personne et en lui parlant.

J’espère que certains lecteurs comprendront. Au fond, il s’agit d’aimer l’autre – avec tous ceux qu’il aime.

Grande voile, petite voile

A Tigery, un participant donne une image: « C’est un bateau, dont la   voile est trop tendue pour prendre le vent; il faut détendre un peu la voile, pour qu’elle puisse gonfler ».

J’ai beaucoup aimé cette image, que j’ai prise un peu pour moi. Et j’ai essayé de laisser mon bateau aller sur l’eau, comme le vent le pousse: plaisir de courir sur la mer…

C’est vrai que la détente est importante spirituellement.

Et aujourd’hui je me suis vu, à nouveau à Tigery, comme un tout petit bateau, un bateau jouet en somme, au milieu des autres. Un tout petit au milieu des grands.
Une toute petite voile.

Un « saint » par jour

Le point de départ de ce que je vais raconter:
Il y a quelques semaines l’idée m’est venue, en allant à la messe de la mi-journée, d’imaginer qu’une certaine personne de ma famille était à côté de moi, à ma gauche pendant toute la messe (ma femme Catherine est à ma droite). Le « hasard » a fait que ce jour-là, pendant la messe, le vibreur de mon téléphone a signalé un appel insistant: je suis sorti, pour apprendre qu’une autre personne, proche de la précédente, avait eu un accident. Ce « détail » a-t-il déclenché ce qui suit?
En tout cas j’ai continué, les jours suivants, à imaginer qu’une personne – différente à chaque fois – était à côté de moi. Et j’en ai récolté des fruits: en imaginant que j’ai ce voisin (ou cette voisine) je me tiens mieux (!): plus silencieux, moins plongé dans mon carnet pour noter telle idée qui me vient pendant l’homélie.
Puis j’en ai fait une habitude, dès le matin: je choisis une personne, vivante ou décédée, dont j’imagine qu’elle va m’accompagner (et je n’y pense plus forcément ensuite). Cela me rend, dans certains cas, plus silencieux: au lieu de parler à tort et à travers, je me considère comme un des éléments d’un groupe, ne parlant qu’à mon tour.
Enfin, je ne sais pas si tout cela peut intéresser qui que ce soit.
Je sens dans cette nouvelle démarche comme l’équivalent – quand il s’agit d’un décédé – d’un ange gardien: pas du type habituel, mais vraiment un ami, à qui je parle et qui me glisse éventuellement des idées.
Le contenu du billet qui précède celui-ci, et qui parle de la confession, m’est venu alors que j’avais choisi comme accompagnateur du jour… le père Besnard – lisez l’article et vous comprendrez! Je ne pensais plus du tout à lui en rédigeant, et son conseil ne m’est revenu qu’après avoir presque terminé le billet.
J’ajoute un détail – qui ne parlera qu’aux convaincus: Quand je suis monté en voiture après avoir rédigé le billet, et ai regardé par hasard le kilométrage – ce que je fais rarement – j’ai lu 7676. Ce qui m’a parlé! Car en 1963 il s’est produit pour moi, à Saint Wandrille (76), un événement essentiel…