Deux images

Je ne sais pas si ce sont des images au sens où on l’entend dans les groupes de prière, mais je crois bien que oui.

A la messe aujourd’hui, je suis au fond de l’église; il y a une session qui commence, l’église est assez pleine. Et voilà que je nous représente (nous « imagine », mais c’est très réel) tous, dans la même position, au ciel ensemble: comme une sorte de promotion de nouveaux arrivants; nous sommes face à Dieu ou du moins à la conscience de sa présence; silencieux, recueillis, tels que nous sommes, là, sur nos rangs de chaises. Un vrai bonheur de prière collective. C’est le groupe, tel qu’il est devant moi, et c’est face à Dieu, pour débuter notre parcours dans l’au-delà.
N’est-ce pas vraiment cela, la messe?

A la fin de la messe, c’est l’Esprit que je « me représente »: que je ressens (vois?) comme une vaste nuée(?) quasi transparente, tournant au dessus de nous, avec des volutes, des mouvements, remplissant en quelque sorte l’église… Nous pénétrant.

Publicités

Vers une attitude pacifiée

Le titre ci-dessus vaut ce qu’il vaut. Je veux parler de ce qui suit.

Je prends conscience en moi de la dimension affective écrasante de mes jugements,  sur les gens essentiellement. Autrement dit, je ne raisonne pas « objectivement », dès qu’il s’agit de personnes, ou d’attitudes de personnes. Evident? Peut-être, mais je découvre le caractère très dommageable de cette confusion intérieure entre ce que je ressens et ce qu’une analyse posée, réaliste, pourrait conduire à penser.

J’ai déjà expliqué la même chose dans un autre billet de blog, à propos de « en vouloir ». Mais j’élargis ici la problématique.

… Atteindre une attitude détachée, où l’autre est ce qu’il est, et où je peux en parler de façon « non impliquée »…

Fruits de l’Esprit, dons de l’Esprit; charismes

Deuxième version, avec les charismes, et quelques commentaires.

Il y a les fruits de l’Esprit; les dons de l’Esprit; et les charismes! Pas facile de s’y retrouver, d’autant que les listes comprennent certaines répétitions.

. Les fruits de l’Esprit (ou « le fruit ») sont énumérés par Saint Paul:
« Le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance » (Galates 5,22-23).

La tradition catholique a complété la liste et identifié symboliquement 12 fruits :
Amour, joie, paix, patience, bonté, longanimité, bienveillance, mansuétude, fidélité, modestie, continence, chasteté (CEC 1832).

. Par ailleurs il y a les dons de l’Esprit:

« Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur » (Isaïe 11, 2).

À cette liste biblique des dons de l’Esprit on a rajouté la piété, sans doute pour atteindre le nombre sept qui symbolise la perfection et signifie ici la nouvelle création.

La sagesse : pour discerner ce que Dieu attend de nous et avoir le désir de la sagesse de Dieu qui est amour infini.
L’intelligence (discernement) : pour nous aider à approfondir et à comprendre la Parole de Dieu, bien sûr par notre intelligence, mais davantage par le cœur.
Le conseil : c’est se mettre à l’écoute de Dieu pour se laisser guider par lui. Il faut accepter dans la prière les « conseils » de Dieu, afin de discerner ce qui est bien et ce qui est mal.
La force : pour rester fidèles à l’Évangile et pour oser témoigner du Christ aux autres.
La connaissance : pour nous aider à mieux saisir le vrai sens de la vie, pour nous-mêmes et pour les autres.
L’affection filiale (piété): c’est aimer Dieu comme un enfant; ce don est aussi appelé « crainte » de Dieu. Ce n’est pas en avoir peur, mais c’est se rendre compte que nous devons toujours l’aimer de plus en plus.
La Crainte de Dieu : il ne s’agit pas d’une quelconque terreur. Il s’agit d’une juste distance à vivre pour s’ajuster à Dieu. Abandonner toute idée de « toute-puissance » personnelle pour entrer dans l’humilité libérante de l’Évangile
Tous ces dons sont étroitement liés les uns aux autres.

(Source: https://croire.la-croix.com/Definitions/Lexique/Esprit-saint/Quels-sont-les-dons-de-l-Esprit-saint)

A la messe ce matin, après avoir comparé, idée classique, l’Esprit au vent – qu’on ne voit pas mais dont on voit les effets, le prédicateur (charismatique) a considéré – si j’ai bien compris – que les fruits sont  des effets, donnés à tout le monde, alors que les dons sont plus spécifiques: celui ou ceux que l’on reçoit (après le baptême dans l’Esprit?). Il faut en quelque sorte le demander plus spécifiquement (ou constater qu’on l’a reçu?).

. Et enfin il y a les  charismes, que Paul énumère aussi, notamment en 1 Co 12,8-10, que je résume et complète:

Parole de sagesse ; parole de science (« de connaissance »); images; dons de guérison ou  puissance d’opérer des miracles;  prophétie; discernement des esprits; parler en langues, don de les interpréter; discernement.

Un ou plusieurs de ces charismes sont reçus éventuellement par ceux qui ont demandé ou reçu le baptême dans l’Esprit.

Les dons de l’Esprit Saint seraient, d’après un article de La Croix, destinés à tous les chrétiens pour eux-mêmes; les charismes, eux, sont octroyés à certains pour l’édification de la communauté tout entière.

Ah! Et il y a aussi bien sûr « l’Esprit de Vérité » (Jean 15,26  et 16,12) …

Ce n’est plus comme avant

Dans les années passées, j’avais quelquefois participé au groupe de prière où je vais maintenant. Mais je le vivais comme une simple réunion, sans entrer vraiment dedans, sauf les fois où certains aspects ressemblaient un peu à des prières « non charismatiques », classiques; et quelquefois je me mettais à genoux, dans un coin (il y avait des piliers – c’était dans l’église – maintenant c’est dans une autre salle). Quand quelqu’un parlait, j’essayais de voir qui avait parlé, de le regarder – alors que les autres, eux, ne se retournaient pas.

Aujourd’hui je suis allé au groupe avec la conviction de faire partie du groupe: d’être de ceux qui ont demandé à recevoir l’Esprit, et sont convaincus de l’avoir reçu. Je n’avais pas trop le moral en arrivant (deux situations de personnes dont j’avais eu connaissance peu auparavant). Après vingt minutes, j’étais entré dans le groupe: je me sentais en paix; avec une sorte de chaleur – à peine sensible – à l’estomac; bien, en somme – c’est déjà beaucoup. Et maintenant que j’ai bien compris à quoi sert le groupe, et comment il fonctionne, il me reste simplement à prier, au milieu des autres.

Il reste – évidemment? – un problème majeur: c’est d’expliquer à des non charismatiques ce dont il s’agit !  Car certains peuvent peut-être venir une fois, et s’ils ont une autre culture chrétienne, ne pas du tout saisir ce dont il s’agit. Un ami de l’Emmanuel me disait – je l’ai peut-être déjà écrit –  que dans leurs groupes il y a un accueil, et que s’il y a des nouveaux on les prend à part (je ne vois pas très bien en pratique comment cela peut se faire). Et il me revient aussi mes tous premiers contacts avec les charismatiques, en 1989: l’idée n’était vraiment pas de mettre à part les nouveaux;  il me semble qu’il étaient convaincus qu’ils étaient « la vraie façon de pratiquer la foi », et ne se posaient pas la question des présupposés – ou des préalables – spirituels à franchir. Ils pensaient sans doute que Dieu s’en chargerait; ils n’avaient pas (assez) fait la théorie de leur pratique (d’où aussi mon texte ancien déjà cité, sur la difficulté du dialogue).
Avec mon expérience nouvelle, il faudra sans doute que j’exprime cet ancien texte assez différemment.

Groupes de prière

Maintenant que je suis engagé, avec le baptême dans l’Esprit, je participe au groupe de prière hebdomadaire, parce que c’est là qu’ensemble nous pouvons apprendre à recevoir ce que l’Esprit nous donne.
Sur les éléments successifs qui composent normalement le déroulement d’un groupe, voir:     http://www.croissonsenchrist.com/les-fondamentaux-de-la-priere-charismatique/

Il y a d’abord la louange; puis l’écoute pour recevoir des paroles ou autres; puis l’écoute de la parole (on s’assied, et on dit les phrases de la Bible que l’on ressent). Et enfin l’intercession.

« C’est maintenant le moment favorable »

Célèbre phrase de 2 Co 6. J’y ai pensé a posteriori; après la réflexion qui suit.

La messe venait de s’achever; et au moment de quitter ma place, l’idée qui m’a traversé a été:
Ce qui est important maintenant, c’est d’être tourné vers le Seigneur; pas de bavarder ou de dire bonjour; c’est peut-être maintenant, à cet instant, qu’il va me dire quelque chose.
Cela ne m’a pas empêché de dire bonjour à quelques uns à la sortie; mais l’essentiel était pour moi ce souci d’attention à l’instant: être et non pas agir; être attentif intérieurement, et non superficiel.

Le divin jardinier

Ce matin en ouvrant les volets j’ai admiré la croissance si rapide de la végétation, et écouté le chant des oiseaux. Et j’ai pensé que tout cela est sorti de si petites graines, de si petits oeufs!

Je me suis dit que moi aussi, Dieu me fait pousser; me fait découvrir de nouveaux aspects de la spiritualité; me transforme intérieurement, et tellement !

Il me fait agir aussi, faire des choix qui n’ont l’air de rien, mais où parfois je vois son influence, après.

Dieu nous affine..
Et j’ai pensé, comme nous étions à table et mangions du fromage: il est le divin affineur ! 🙂