Archives mensuelles : février 2017

Hier à la messe, le prêtre parlait du diable, à partir de Genèse 3,15 (Elle t’écrasera la tête, et toi tu la blesseras au talon).
« Le diable pique, cela fait mal », disait le prêtre; « mais en fait nous le dominons, on peut même en rire »; et il racontait comment un groupe charismatique, s’étant fait voler sa camionnette, s’était aussitôt mis à rire, les bras levés, d’un grand « Ha ha! » rythmé qui leur était familier.

Deux séries de remarques, la première sur les attaques du diable, et la deuxième sur les attitudes de type « louange ».

Dire que les attaques du diable « font mal », je ne sais pas; ce n’est pas mon expérience. Pour moi c’est le maître du mensonge, et il crée aussi des contextes où notre psychologie est comme submergée. Personnellement je me raccroche  alors à mon chapelet et j’attends que l’attaque – les sentiments violents et inappropriés que je ressens, essentiellement – se calme.
Mais le diable, dans notre société, a aussi de nombreuses victimes qui sont complètement sous sa possession; et face à cela, un simple « ha ha » me semble  inapproprié – j’allais dire dérisoire. Aimer vraiment les gens qui souffrent ou ont souffert du  mal, les victimes dont la vie a été broyée par exemple par des parents incestueux, c’est une toute autre aventure. La lutte contre le démon est là aussi;  difficile, sans fin; dépassant parfois nos capacités, d’où  l’existence de prêtres spécialisés, exorcistes.

Parlons maintenant de la louange, et du rire.
J’ai écrit deux sortes de textes à ce sujet:
– d’une part un dossier  de fond sur la « Puissance de la louange » de Merlin Carothers, livre qui est à mon avis très mal compris en général (il ne s’agit pas du tout d’arriver avec une guitare, comme un participant à un groupe que j’animais voulait le faire: il s’agit d’entrer dans la foi, et de s’engager fermement à dire à Dieu qu’on lui fait confiance, même quand on est dans les pires ennuis). Il ne s’agit pas de se manipuler pour être gai, mais de se tourner vers Dieu, éventuellement dans les larmes, pour lui dire et redire « Merci Seigneur pour ce que tu permets dans ma vie; j’ai confiance que tu le feras tourner pour le mieux ».

– d’autre part un texte original, « Le rire de Clotilde« , que j’applique assez souvent (et à qui je viens de trouver une sorte de demi-frère…). Oui, rire, forcer le rire en soi, peut-être une bonne méthode pour changer son attitude. Je l’utilise avant de rencontrer quelqu’un; mais ce n’est pas une louange adressée à Dieu: c’est juste un moyen – très efficace – pour changer sa « météo intérieure ».

Le « ha ha » des amis charismatiques cités plus haut se situe pour moi dans cette dernière catégorie. Cela peut être une façon de se rappeler que l’on est entre les mains de Dieu. Après, et je suis sûr qu’ils le font, ces « charismatiques au ha-ha » passent évidemment à une prière de type groupe de prière: « Merci Seigneur, car j’ai confiance que ce sera pour le bien,.. » etc.

La différence que je fais avec la Puissance de la louange, c’est que cette dernière s’adresse notamment  à des gens qui ne sont pas encore charismatiques, et à qui tout un chemin est nécessaire pour passer « de la prison intérieure » à la louange.   🙂

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Voir billet en
https://bibliques.wordpress.com/2017/02/10/actes-26-lesprit-saint-vient-sur-les-presents/

Extrait
Cela explique aussi le fameux événement qui s’est produit aux origines du Pentecôtisme: une personne est entrée et a compris dans sa propre langue (étrangère – je ne me rappelle pas laquelle) ce que quelqu’un était en train de dire.
J’avais toujours pensé que la personne qui parlait (ou chantait) avait, sur une impulsion de l’Esprit, parlé précisément dans la langue de celui qui allait entrer.

Cela confirme aussi que c’est bien l’Esprit qui parle, et non pas nous !


Ce billet pourrait aussi figurer sur mon blog « Au fil des heures », mais bon…

Je découvre, grâce à l’homélie du prêtre, hier, quel sens la confession peut prendre pour moi; et pour tout chrétien sans doute.

Le prêtre évoquait quelque chose comme « les pensées qui nous arrêtent dans notre montée vers Jésus ».
Et oui c’est vrai, il y a parfois en moi, par rapport à telle ou telle personne, une vieille rancune qui ressort: je leur en veux; sur des sujets importants pour moi; pour des raisons qui me semblent valables!

Mais le Seigneur peut me libérer: me faire aller plus loin dans l’amour. Voir les choses de plus haut, en somme. Vivre en lui, et non pas seulement en moi…

Reste la difficulté de parler avec un prêtre; alors que c’est très personnel (d’où ma préférence, à certaines périodes passées, pour aller me confesser de façon anonyme dans une église de Paris). Et peut-être aussi, s’agissant d’un prêtre que je connais, parce que je  pense que cela ne s’insère pas bien dans la relation que j’ai par ailleurs avec ce prêtre; à la limite, « parce que cela ne le regarde pas » !

Le Seigneur me guidera.