« Pas prêt à pardonner »

Le pardon, cela n’a rien d’évident. J’ai déjà écrit un texte là dessus.

Un ami charismatique m’a raconté la difficulté qu’il a à vivre, au moins certaines fois, le « temps de réconciliation » prévu hebdomadairement dans sa communauté.

Le mardi, pendant la messe de midi, un temps de silence est prévu à la place de l’homélie, pour que ceux qui le veulent puissent aller se confesser, ou encore voir un frère ou une soeur pour lui demander pardon de quelque chose ou pour faire un point spirituel ou amical.

Participant à cette messe, j’ai d’ailleurs eu deux fois l’occasion, bien que n’étant pas communautaire, d’être ainsi abordé par un frère! Et ce fut très agréable: j’ai été frappé de la délicatesse du premier, qui venait s’excuser de ce qu’il pensait avoir été une sorte de brutalité de sa part (alors que son attitude m’avait simplement amusé); et le deuxième, c’était quelqu’un que j’avais bien connu et qui était de passage: il voulait prendre de mes nouvelles avant de repartir!

Mais l’ami évoqué au début de ce billet m’a fait part de la tension qu’il ressent parfois quand un frère ou une soeur vient ainsi le trouver. En fait il a l’impression qu’il va être obligé de dire à l’autre qu’il lui pardonne ! Alors qu’il y a des situations, dans la vie communautaire comme dans toute relation humaine, où l’égoïsme de l’autre ou son mauvais caractère – que nous avons tous ! – ressortent un peu: et parfois il faut du temps pour dépasser ce qui s’est produit !
Donc on se trouve face à l’autre, qui vient reconnaître une certaine faute, un certain défaut; et on n’a pas forcément encore « digéré » ce qui s’est passé. On a alors l’impression de se voir forcé à pardonner, ce qui est très désagréable.
Cette « confession », que m’a en somme faite ce frère, m’a intéressé. Je n’avais pas réfléchi, je l’avoue, à cet aspect particulier du pardon au sein d’une communauté.
Dans la vie « ordinaire » (non communautaire), il est parfois sain d’oser dire à l’autre qu’on n’est pas encore prêt à lui pardonner. Cela paraît plus difficile dans ce bref échange de « réconciliation ».

Ma femme Catherine me fait remarquer que des expressions telles que « Je suis désolé … » ou « Excuse-moi, il me semble que .. » passent peut-être beaucoup plus facilement. Il suffit alors à la personne offensée de dire quelque chose comme « Merci ».
Qui n’engage pas à oublier ni à pardonner immédiatement.

Publicités

Parler en langues: cela existe

Un épisode bien connu des débuts du Pentecôtisme est le fait que quelqu’un s’est mis à parler dans une langue qu’il ne connaissait pas… mais qui était celle de quelqu’un entré dans la salle.

Un ami m’a raconté quelques faits du même type, à notre époque: quelqu’un ne sachant pas l’allemand, et s’exprimant, une fois, dans un allemand parfait, alors qu’il y avait un Allemand dans l’assemblée. Cela ne s’est produit qu’une fois pour cette personne; mais une autre personne, charismatique elle aussi, et issue d’un milieu simple, s’exprime de temps en temps dans deux langues étrangères, qu’elle ne connaît absolument pas.

Il n’y a donc pas seulement le « chant » en langues, mais bien aussi le « parler » en langues. Ce parler, comme toutes les « paroles » dites par un participant dans un groupe de prières, peuvent être inspirées par l’Esprit. Parfois (souvent?) celui qui parle n’a aucune idée de ce qui l’a amené à parler, et n’aura jamais de retour. Mais il pense que cela s’adresse peut-être, à travers lui, à quelqu’un dans l’assemblée. L’Esprit parle.

Ce don, ces paroles, sont, pense-t-on, données lorsque nécessaire. Et donc cela peut n’avoir plus jamais lieu ensuite…

Chrétien : dans le souffle…

 

Qu’est-ce qu’être chrétien?

Il me vient une nouvelle façon de l’exprimer:

Vivre dans le souffle de l’Esprit, à la suite de Jésus, image du Père.

On peut le représenter par la figure suivante, éventuellement gestuée:

chretien

 

Le souffle partant des poumons, monte vers les bras, qui, écartés, symbolisent la croix: l’amour. Et Jésus, par son amour, nous emmène vers le Père.

Je ressens mes péchés – et Jacques 1

J’ai dit un mot, dans le billet Amant aimé  (sur un autre blog),  sur le fait que je perçois maintenant beaucoup plus finement mes péchés ou « presque péchés ». Je prends conscience de la composante éventuelle péché de nombreux gestes ou prises de parole: par exemple que c’est  en  partie par peur, ou pour montrer tel ou tel aspect de moi, ou par mépris de l’autre (dont je deviens conscient) que j’ébauche telle attitude, que je me prépare à dire telle phrase… Le percevoir est vraiment un changement.

Là dessus aujourd’hui à la messe, je fais la lecture de Jacques 1,12-18.
J’ai apprécié ce texte en étant amené à le lire à haute voix, donc à aller doucement (la « parole », mieux que l’écrit!). Quelle belle description de la pente, y compris vers le petit péché ordinaire:

« Chacun est tenté par sa propre convoitise qui l’entraîne et le séduit.  Puis la convoitise conçoit et enfante le péché, et le péché, arrivé à son terme, engendre la mort. » (1,14-15)

Il y a là une série d’étapes, commençant par une « ébauche de péché » de rien du tout, « séduisante » (ou rassurante, etc.). Et puis parfois cela dépasse la simple pensée, ou l’attitude autre que d’amour, pour devenir un vrai péché, un mal fait à l’autre (peut-être aussi à soi-même).  Et « le péché arrivé à son terme engendre la mort« .

La fin du même passage, sur un sujet un peu différent, n’est pas mal non plus:

« Les présents les meilleurs, les dons parfaits, proviennent tous d’en haut, ils descendent d’auprès du Père des lumières, lui qui n’est pas, comme les astres, sujet au mouvement périodique ni aux éclipses. » (1,17)

J’ai insisté dans ma lecture sur le mot « éclipse »: Dieu est toujours là; il n’est pas « à éclipses ».

Cinq minutes

Dans le cadre des  « 7 semaines » évoquées dans le billet précédent, il nous a été distribué un texte du Cardinal Mercier, que l’on peut par exemple trouver ici.

Je n’avais pas forcément ce texte en tête, ni la prière qu’il propose, quand l’idée m’est venue – presque de façon contraire – de rester tout simplement cinq minutes immobile (assis sur mon meilleur siège) les yeux fermés et sans agir !

Etre simplement là, en sachant que Dieu, de son côté, est là de toute façon !

Etre: sans réciter de prière; sans « me tourner vers Dieu ».

Je l’ai pratiqué plusieurs fois dans la journée. C’est la découverte du niveau de base de ma personne; pas au niveau des pensées volontaires, des projets ou des actes.

Un silence dans lequel parfois une prière spontanée vient naître.

Peter Hocken – 7 semaines !

Laurent Fabre, dans son intéressante vidéo racontant les débuts du Chemin Neuf, insiste sur l’importance du livre de Peter Hocken, « Rassemblés par l’Esprit ». Du coup j’ai repris ce livre, écrit par un prêtre catholique, et j’ai été saisi, plus que par le passé, par son contenu: une nouvelle Pentecôte; un mouvement qui pousse ceux qui reçoivent cette nouvelle effusion de l’Esprit à vivre ensemble, au delà des barrières des églises. C’est bien ce que raconte Laurent Fabre sur son propre itinéraire, et c’est ce que le Chemin Neuf, entre autres, met en pratique.
Peter Hocken insiste: demandez cette effusion! Demandez à l’Esprit de venir en vous!

Alors j’ai demandé. Je me suis tourné vers le Seigneur et lui ai dit: « Oui, Seigneur, donne-moi cette effusion de l’Esprit! » C’était il y a quelques jours.

Hier soir, j’ai décidé de réessayer d’aller au groupe de prière proche de chez nous: j’avais déjà essayé, mais depuis plusieurs années je le trouvais insatisfaisant, par rapport à des groupes que j’avais connu occasionnellement ici ou là.

A la fin du groupe, une annonce: « Voilà, nous commençons aujourd’hui, pour ceux qui le souhaitent, les 7 semaines de préparation au baptême dans l’Esprit ». Je ne détaille pas ici tel ou tel aspect de mon évolution spirituelle de ces derniers mois, mais je n’ai pas hésité, face à ce rapprochement évident pour moi avec ma demande intérieure récente: j’ai levé la main. Et me voilà lancé dans cette aventure, cette formation, très légère en fait, avec un temps de prière personnelle et des textes bibliques à méditer.

Je me sens porté. En fait, je sais bien que l’Esprit me guide, et me parle à l’occasion depuis longtemps.
Ce matin je me suis réveillé en étant encore dans un rêve que je venais de vivre en dormant: des enfants chantaient, et montaient je ne sais quelle pente ou attraction foraine, avec ce chant très doux, me ramenant à mon enfance (?):
« Hou hou hou (..) Il sifflote, flotte, flotte, hou hou ! hou hou ! Il sifflo-ote, il sifflo-ote, du matin jusqu’au soir et du soir au matin… » (etc.)

Titre de la chanson, Le vent ! J’ai aussitôt associé, évidemment, avec l’Esprit Saint !
Loué sois-tu, Seigneur!

PS: Je viens d’aller relire un très vieux texte que j’ai écrit! Il me semble qu’en gros il reste valable.

« Priez pour moi »

J’ai le souvenir d’avoir parfois lu des récits de rencontre avec des personnes très saintes, genre Jean Vanier ou Mère Teresa, qui concluaient l’entretien en disant « Priez pour moi! ».
Et je découvre, dans ma réflexion sur une rencontre difficile que j’ai eue ces jours-ci avec un autre chrétien, que la perception que j’ai de lui peut changer si je pense à lui demander – intérieurement puisqu’il n’est plus face à moi – de prier pour moi.

S’il prie pour moi, et donc me fait du bien, comment ne l’aimerais-je pas? Il devient un frère. Il l’était déjà bien sûr; mais disons que désormais je le ressens vraiment comme un frère.